Les autres méthodes

La moxibustion
Les ventouses
Le gua sha
Le marteau fleur de prunier

La moxibustion

 

« Aucun ennui, aucun spleen ne résiste au moxa qu’on se pose à l’âme en se donnant une manie », Honoré de Balzac.

Terme d’origine japonaise, le moxa (la moxibustion) signifie «plante qui brûle». Son usage remonte à plusieurs milliers d’années et serait l’une des plus vieilles formes de thérapie de la Chine. Elle demeure une méthode très populaire, également utilisée dans le cadre familial, en Chine, au Japon, au Vietnam et dans d’autres pays asiatiques.

L’idéogramme chinois du mot « acupuncture » signifie en fait « aiguille-feu ». La technique de la moxibustion est indissociable de l’acupuncture, qu’elle complémente par son apport de chaleur et d’énergie.

La moxibustion est une technique de stimulation de points d’acupuncture ou de régions cutanées par la chaleur. La chaleur est produite par la combustion d’une plante, l’armoise, séchée et broyée. La tradition a observé que l’armoise était la plante qui donnait les meilleurs résultats thérapeutiques, observations que l’on explique désormais par les infrarouges que la plante produit en se consumant. 

L’armoise peut être conditionnée en forme de cigare dont le bout incandescent est approché du point d’acupuncture ; elle peut être disposée dans une boîte permettant sa lente combustion ; elle est quelquefois placée sur la tête d’une aiguille ou encore sur un onguent préalablement appliqué en couche épaisse sur la région à traiter.

Les moxas sont communément utilisés pour disperser le Froid et l’Humidité ou tonifier le Qi. De façon générale, ils activent la circulation du Qi et du Sang dans le corps et les méridiens. La médecine chinoise considère que la libre circulation du Qi et du Sang est indispensable à la bonne santé, car la perturbation de ces flux provoque les douleurs et la maladie.

La moxibustion est particulièrement indiquée dans les affections telles que les douleurs rhumatismales, la dysménorrhée, les diarrhées ou encore chez les personnes fatiguées ou atteintes de maladie chronique, afin de renforcer leur énergie vitale. Elle est également utilisée pour retourner un fœtus se présentant en siège à quelques semaines du terme. En 1979, une équipe de chercheurs chinois a montré qu’elle avait obtenu 90.23% de réussites dans le traitement de la malposition du fœtus (sur 2069 cas).

Plus particulièrement, la moxibustion est indiquée dans les cas suivants :

  • Douleurs articulaires et rhumatismes
  • Douleurs musculaires et crampes
  • Problèmes digestifs (digestion lente, aérophagie, hoquet, mauvaise haleine, vomissements)
  • Problèmes intestinaux (coliques, constipation, diarrhée)
  • Anémie
  • Maladies infectieuses (angine, oreillons, rhume,  urticaire, zona)
  • Angoisse, anxiété, trac, dépression nerveuse, surmenage, fatigue, asthénie, épuisement
  • Aphonie, dysphonie, aphtes, douleurs dentaires, herpès buccal

 

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Les ventouses

 

Le traitement par ventouses est utilisé en Chine depuis des millénaires. Il a également fait partie de l’arsenal thérapeutique des Egyptiens, des Grecs, et était encore largement utilisé et enseigné en Europe et aux Etats-Unis jusqu’à l’avènement de la médecine dite « scientifique ». Reléguée au rang de médecine « traditionnelle » avec le développement de la médecine occidentale, cette technique bénéficie aujourd’hui d’un regain d’intérêt grâce à l’expansion de la médecine chinoise en occident.

Les ventouses sont des cupules en verre, traditionnellement faites de bambou ou de corne d’animaux, dans lesquelles on introduit une flamme qui consume instantanément l’oxygène, créant ainsi un vide partiel. On les appose aussitôt sur la peau, ce qui provoque une succion de celle-ci. C’est cette succion, non douloureuse, qui est responsable de l’effet des ventouses, en mobilisant le Sang et le Qi.

Simple et efficace, cette technique est employée pour traiter les affections respiratoires, les coups de froid, les rhumes ou les états grippaux. Les ventouses sont ainsi appliquées sur les points d’acupuncture qui correspondent aux organes à traiter. Elles sont également mobilisées sur des zones situées le long des méridiens, en particulier sur le dos.

Leur champ d’application dépasse largement celui des affections ORL, car les ventouses sont aussi indiquées dans de nombreuses pathologies, incluant :

  • Pathologies articulaires et musculaires (ex. tendinite, lombalgie, sciatique, rhumatismes, entorses)
  • Tensions musculaires
  • Céphalées et migraines
  • Affections cutanées (eczéma, psoriasis, acné, etc.)
  • Stress, insomnie, fatigue, anxiété
  • Les douleurs
  • Pathologies digestives (ex. constipation, diarrhée)

 

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Le gua sha

 

Originaire de Chine, Gua Sha est une pratique millénaire qui s’est répandue dans toute l’Asie.

Bien que Gua Sha fasse partie de l’arsenal thérapeutique des praticiens, elle est avant tout une pratique populaire qui fait partie de la médecine familiale pour soigner rhume, grippe, céphalées et douleurs diverses. Technique de traitement, elle est également utilisée comme soin préventif.

Le Gua Sha est une technique de friction qui fait partie des méthodes externes de la médecine chinoise qui consistent à traiter la surface du corps pour améliorer l’état de santé général et soulager de nombreuses affections.

L’idéogramme Gua signifie « gratter ». L’idéogramme Sha est composé de plusieurs éléments signifiants « être malade » et « sédiments, sable, déposés par manque d’eau ». Il décrit donc un pathogène de consistance sablonneuse qui rend les gens malades, à l’image d’une rivière « malade » qui ne coule plus correctement en raison de l’accumulation de sédiments sur son lit.

Le terme Sha décrit également les pétéchies, ces éruptions cutanées caractéristiques provoquées par la friction et indicatrices de la présence de « sable pathogène ».

La technique de Gua Sha consiste ainsi à gratter le sable pathogène qui s’est accumulé dans les vaisseaux et qui trouble la bonne circulation du Qi et du Sang, en l’amenant à la surface du corps pour qu’il soit évacué.

Le traitement se fait à l’aide d’un ustensile à bords arrondis, de type cuillère à soupe en porcelaine ou un grattoir en corne ou en jade, sur une peau préalablement lubrifiée avec un corps gras.
Lorsque du Sha est présent, des éruptions cutanées de couleur rouge, pourpre ou noire apparaissent.
Le Gua Sha  se pratique principalement sur la nuque, les épaules, le dos et les bras, mais peut également se faire sur la tête, la poitrine, les jambes et les articulations.

Gua Sha favorise la circulation des liquides organiques, du Qi et du Sang, il résout les stases de sang, il favorise la formation de sang nouveau et permet d’évacuer efficacement les facteurs pathogènes tels que la Chaleur, le Vent, le Froid et l’Humidité.

Le Gua Sha est une technique de traitement extrêmement efficace, procurant généralement un soulagement rapide, voire immédiat. Il est conseillé tant pour la prévention que pour le traitement de multiples affections, chroniques ou aiguës.

Le Gua Sha est notamment indiqué dans les cas suivants :

  • Douleurs en tous genres (articulaires, musculaires, dentaires, abdominales, gastriques, dorsales ; névralgies, syndrome du tunnel carpien, sciatique, etc.)
  • Céphalées et migraines
  • Affections cutanées (eczéma, psoriasis)
  • Toxémie
  • Au début de maladies infectieuses aigües (grippe, sinusite, rhinite, bronchite)
  • Palpitations, angor, tachycardie, fibrillation
  • Distension de la poitrine, mastites, maladies des seins
  • Affections des organes des sens
  • Hépatite, cholécystite, pancréatite, jaunisse
  • Diarrhée, colites, syndrome du côlon irritable
  • Ulcère de l’estomac, ballonnements
  • Hernies (hiatale, dorsales)
  • Hyper- et hypo-thyroïdie
  • Paralysies, paresthésies, hypoesthésies, séquelles d’AVC
  • Anémie
  • Fractures et séquelles de blessures
  • Cystite, rétention urinaire, incontinence, prostatite, douleur génitale, spermatorrhée, impuissance, hémorroïdes, prolapsus rectal
  • Vaginite, leucorrhée, problèmes gynécologiques (règles irrégulières, aménorrhée, dysménorrhée, ménorragie, fibromes, kyste ovarien)

 

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Le marteau fleur de prunier

 

Le marteau fleur de prunier est un outil thérapeutique composé d’un bâtonnet et de plusieurs petites aiguilles à son extrémité. Il est utilisé pour tapoter superficiellement différentes régions du corps.

La technique du marteau fleur de prunier est vieille de plus de 2000 ans et trouve son origine dans les méthodes d’insertion superficielle de la peau à l’aide d’une aiguille d’acupuncture. Avec le temps, cette méthode a évolué pour ne former plus qu’un outil composé de plusieurs aiguilles regroupées.

Le nom de l’outil varie en fonction du nombre d’aiguilles qu’il possède : on parle de marteau fleur de prunier lorsqu’il y a 5 aiguilles et d’aiguille à 7 étoiles (seven-star needle) lorsqu’il y a 7 aiguilles.

La technique du marteau fleur de prunier est basée sur la théorie des méridiens, par lesquels la surface du corps est reliée à la profondeur et aux organes. Ainsi, la technique du marteau fleur de prunier traite autant les troubles locaux, superficiels, que des pathologies internes.

Les effets thérapeutiques du marteau fleur de prunier incluent l’amélioration de la circulation du Qi et du Sang, la désobstruction des méridiens, la dispersion des gonflements, l’arrêt de la douleur, la dissipation des stases de Sang, l’élimination des facteurs pathogènes et de la maladie.

Le traitement avec un marteau fleur de prunier s’effectue particulièrement sur le dos, de part et d’autre de la colonne vertébrale. Selon le type d’affection traitée, il s’utilise aussi sur la tête, le visage, la nuque, le thorax, l’abdomen et les membres.

La technique du marteau fleur de prunier est une thérapie simple, sûre et efficace. Elle est également adaptée pour traiter les enfants.

Le marteau fleur de prunier peut s’utiliser pour traiter de nombreux troubles, incluant :

  • Les douleurs et les névralgies
  • Les céphalées, les migraines et les vertiges
  • Les paralysies, les hémiplégies et les paresthésies
  • L’alopécie
  • Les troubles mentaux
  • Les pathologies des organes des sens (ex. acouphènes, myopie, strabisme)
  • L’énurésie
  • L’hypo- et l’hypertension
  • Les saignements
  • L’insomnie
  • Les palpitations
  • Les infections (ex. rhinite, sinusite, pharyngite, bronchite, zona)
  • L’épilepsie
  • Les affections cardiovasculaires, gastro-intestinales, respiratoires, hépatiques, mammaires, uro-génitales
  • Les affections articulaires et neuromusculaires (ex. arthrite, rhumatismes)

 

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